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Faut-il une loi de séparation du numérique et de l’humain, faut-il un grand service public de l’IA, gratuite, laïque et obligatoire ?
Titre :
Faut-il une loi de séparation du numérique et de l’humain, faut-il un grand service public de l’IA, gratuite, laïque et obligatoire ?
Résumé :
Chacun de nous s’interroge sur la nature et les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle, à tous les niveaux : individus, entreprises, nations, humanité toute entière, …
Les discours les plus opposés s’affrontent, les uns expliquant que l’IA est notre seul espoir de résoudre tous les problèmes de la terre, les autres qu’au contraire, elle mène immanquablement à la disparition de notre espèce.
Et on ne trouve pas grand monde pour considérer que tout ceci n’est qu’un mauvais moment à passer, que tout va bientôt rentrer dans l’ordre.
Tout cela dans une actualité technique et économique qui reste, selon la formule consacrée et par ailleurs justifiée, « exponentielle » : quand la loi de Moore ralentit en termes de vitesse d’horloge, on arrive à décupler le nombre de transistors gravés sur un même substrat, et, en parallèle, on augmente considérablement les investissements, donc la production de machines. Et où va nous mener ce début de réalité : des IA semblent s’améliorer elles-mêmes, d’elles-mêmes ? Qu’il est donc difficile de réfléchir dans un monde exponentiel : ce qui nous surprend, ravit ou révolte aujourd’hui nous surprendra, ravira ou révoltera deux fois plus demain.
Dans ces conditions, il est tentant de songer à des prises de position fortes, fondées sur des principes, et surtout construites pour durer, pour résister aux nouvelles sensationnelles du jour ou du lendemain. Des prises de position « quoi qu’il arrive », en quelque sorte.
Des interrogations millénaires, que l’on pouvait croire endormies depuis la fin de l’histoire semblent redevenir d’actualité : Divin ou Humain ? Religion ou Politique ? Individu ou Bien Commun ?
Deux questions primordiales :
–Faut-il une loi de séparation du numérique et de l’humain ?
–Faut-il un grand service public de l’IA, gratuite, laïque et obligatoire ?
L’objectif de la présentation n’était pas de répondre à ces questions, mais d’en décortiquer le sens, et de commencer à y réfléchir ensemble, à partir de ces deux formulations faisant référence à deux grands mouvements de l’histoire contemporaine.
Le conférencier :
Jean Rohmer est Docteur d’Etat en Informatique. Il travaille en IA depuis 1981, et poursuit des travaux sur la représentation et le traitement des connaissances. Il est président d’honneur de l’Institut Fredrik bull
En seconde partie de la séance, Jean Rohmer a donner la parole à Karima Rafes, docteure et ingénieure en informatique, qui a proposé précisément une réponse aux questions soulevées précédemment. Elle énonce ainsi son point de vue :
Face aux menaces systémiques que le numérique, l’intelligence artificielle et la robotique font peser sur nos sociétés, il est temps de se poser la question suivante :
Qui gouverne réellement le numérique et l’intelligence artificielle : les peuples ou une minorité d’acteurs qui se moquent des conséquences sur nos vies (en France) ?
Karima Rafes propose une stratégie pour que la France puisse choisir son propre destin numérique plutôt que de choisir entre un « Big Brother (de Black Mirror) » à la chinoise et le « 1984 » des milliardaires américains.
Elle nous a présenté la pétition qu’elle a déposée à l’Assemblée nationale afin que nos députés puissent répondre publiquement à cette question et proposent une stratégie numérique avant les prochaines élections.
Voilà qui contribuera à animer nos débats.